Ferme des Deux rives - Normandie

Témoignage

Jouer la carte de l’économie circulaire

Fiche d'identité de l'exploitation

Superficie

Cultures commercialisées : 100 ha blé, 10 ha d’orge, 20 ha de colza, 10 ha de betterave, 6 ha de luzerne déshydratée. Cultures pour l’alimentation des vaches laitières : 40 ha de maïs, 22 ha de luzerne, 70 ha surface en herbe dont 45 ha de prairies permanentes.

Exploitant

Le Gaec compte quatre associés et deux salariés : Manuel Gavelle et son épouse Patricia, Lionel et Laurence, ses frère et soeur. Il emploie deux personnes.

Exploitation

124 vaches laitières.

Le stockage du carbone dans les haies, prairies et surfaces fourragères gérées en rotation longue, constituent l’atout climat du Gaec des Deux rives. L’empreinte carbone de cette ferme de l’Eure s’affiche dans la fourchette basse du diagnostic CAP’2ER® réalisé en 2014 par le conseiller du Contrôle laitier Littoral normand.

Impliqué depuis plus de 20 ans au sein de la Fédération nationale des producteurs laitiers dans l’élaboration de la charte des bonnes pratiques d’élevage, Manuel Gavelle, l’un des quatre associés du Gaec, considère le respect de l’environnement comme essentiel.

Il l’estime indissociable de la performance économique de son entreprise. Le Gaec des Deux rives, d’une superficie de 300 ha, tire son revenu pour 60 % de son atelier de vaches laitières qu’il complète par la vente de blé, colza et betteraves. Ces cultures occupent la moitié de la surface cultivable, l’autre partie est destinée à l’alimentation de ses animaux.

Priorité aux aliments fabriqués sur la ferme

Avec ses trois associés, Manuel Gavelle conduit son exploitation dans un seul objectif : être le plus autonome possible. Que ce soit en consommation d’énergie ou fertilisants et aliments, la priorité est donnée au « fabriqué maison ».

69 % des protéines de la ration des vaches laitières sont produites sur l’exploitation.

Le Gaec destine 22 ha à la culture de la luzerne, sans pour autant pouvoir réduire à zéro les achats d’aliments concentrés. « La production de protéines est un point fort de notre exploitation, insiste Manuel Gavelle. Néanmoins, nous achetons toujours des tourteaux, soit 45 tonnes de soja et autant de colza. C’est un minimum pour maintenir notre production de lait à 8 000 litres par vache et préserver sa qualité. » Le maïs entre aussi dans la ration pour apporter de l’énergie aux animaux. Sur les 40 ha dédiés à cette plante, 25 ha servent à remplir les silos à ensilage, 15 ha sont directement broyés après la récolte puis mis en sac au format boudin. L’ensilage ainsi obtenu est inerté afin de conserver toute sa qualité nutritive. « Nous formons trois boudins de 60 m pour nourrir nos animaux tout au long de l’année. »

Fumiers et lisiers de mieux en mieux recyclés

Adosser des grandes cultures à une activité d’élevage, c’est aussi jouer la carte de l’économie circulaire, et améliorer son bilan carbone. Les 2 000 m3 de lisier et les 150 tonnes de fumier qui sortent de l’étable chaque année servent à fertiliser les cultures. Toutefois, un complément n’est pas exclu, tout dépend du niveau d’azote dans le sol en sortie d’hiver. « En 2016, les maïs n’ont reçu aucun fertilisant mais pour les betteraves nous avons apporté 60 unités d’azote par hectare. » Une consommation à comparer avec celle des fermes du secteur. « Nos voisins sont plutôt sur un ratio de 150 unités d’azote par ha », relève l’agriculteur. Pour limiter les émissions de protoxyde d’azote, le lisier est épandu par pendillards. Ce système incorpore directement les déjections dans le sol et réduit la période d’exposition à l’air. Autre action, pensée dans une logique de recyclage et d’économie d’énergie : le refroidisseur à glace. Installé en 1985, il enveloppe de glace molle la cuve de lait et abaisse en 10 secondes de 4 °C la température de 30 litres. Les calories prises au lait sont échangées avec celles de l’eau donnée aux animaux, la réchauffant à 12 °C. Un récupérateur de chaleur est posé sur le refroidisseur et chauffe les 250 litres destinés à nettoyer les ustensiles de traite.

Ferme des Deux rives
Ferme des Deux rives
Ferme des Deux rives - Le maïs, broyé et conservé, apporte de l’énergie aux animaux.
Ferme des Deux rives - Les 70 hectares de prairies et les 22 hectares de luzerne contribuent à l’autonomie alimentaire de l’exploitation.
Ferme des Deux rives

Améliorer plutôt que modifier

Si l’agriculteur avait déjà en tête tous ces points forts au moment du diagnostic, il estime que ce bilan a surtout mis en exergue les points faibles et a affiné les chiffres. « Pour nous, c’est un moyen de répartir sur plusieurs années les aménagements identifiés pour progresser », explique-t- il. Mais il existe des points pour lesquels aucune solution ne semble possible. « Nous sommes ressortis avec un mauvais score pour la consommation de carburant », illustre-t-il. Avec un parcellaire éclaté sur dix communes, même en optimisant les trajets, en adoptant les techniques culturales simplifiées, les itinéraires sont aujourd’hui difficilement compressibles. Autre indicateur à améliorer : l’âge au premier vêlage. Actuellement à 30 mois, il accroît l’indicateur de consommation d’aliments au litre de lait, puisque les animaux sont nourris plus longtemps sans produire. « Même si les animaux consomment du foin à volonté et qu’on n’apporte pas de concentré au-delà de la ration de base, nous pouvons gagner deux mois avec un contrôle plus serré de la gestation. »

Ferme des Deux rives
Diagnostic CAP'2ER
* Système avec une surface de 20 à 40 % maïs
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